AU REVOIR LES TENDINITES

La tendinopathie comme il convient de l’appeler, vous est décryptée par Benoît SAOUT.

Tout le monde connaît les tendinites. Et pourtant ce terme générique devrait être banni de notre vocabulaire afin d’être plus précis dans l’appellation de cette pathologie.

La tendinopathie, comme il faut l’appeler, se traite différemment selon son niveau d’atteinte. Benoît SAOUT, kinésithérapeute du sport, nous éclaire sur le sujet.

Des dénominations différentes selon l'importance de la lésion

Suivant le siège de la lésion, nous l’appellerons:

  • L’enthésopathie si elle atteint l’attache du tendon à l’os. Une enthèse qui est en souffrance l’est surtout en rapport avec son déficit d’irrigation. Le réseau vasculaire est très pauvre au niveau de l’attache du tendon à l’os et si l’on veut favoriser sa réparation, il sera nécessaire de créer un saignement à ce niveau (massage transversal profond, scraping ou encore ondes de choc).

  • La paraténonite, si elle atteint les structures annexes du tendon : le paraténon (la gaine du tendon ou alors sa bourse séreuse). Cette pathologie est en lien avec son inflammation. Pour un traitement efficace, il sera donc important d’avoir recours à toutes les techniques anti inflammatoires (rôle prépondérant de la cryothérapie).

  • La tendinose correspond à une atteinte du corps du tendon. Sa guérison sera souvent en lien avec un protocole excentrique. Le protocole de Stanich mettant en jeu un programme de renforcement excentrique sera de bon augure.


L'utilisation de bandes pour favoriser la guérison

L’utilisation de bandes adhésives élastiques peut dans certains cas être la bienvenue (cf l’ouvrage d’Arnaud Bruchard sur les logiques des contentions).

Ainsi, dans le cas de tendinoses, il reste intéressant d’utiliser des montages de strapping en suppléance (notamment dans le cas de tendinopathies d’achille) afin de permettre un retour passif de l’articulation de la cheville par la bande et éviter ainsi de mettre à mal le tendon.
Le montage utilisé met en jeu une bande active en Y (en 6 ou en 8cm et doublée à souhait), étendue entre deux embases situées au niveau du médio-pied pour l’une et 4 travers de doigts au dessus de la malléole pour l’autre.

Dans le cas d’une tendinose ou d’une enthésopathie, afin d'optimiser la cicatrisation, il est intéressant de bloquer le pied en légère flexion plantaire afin de limiter la flexion dorsale et donc l'étirement de la structure. 

Pour la paraténonite, une immobilisation complète est souvent conseillée dans la période inflammatoire aigüe, c'est-à-dire dans les premiers jours.

Bien sûr, tous les montages peuvent être rigidifiés par l’utilisation du Rigid Strap.


Une alimentation contrôlée pour éviter l'apparition des pathologies

L’alimentation peut être source d’apparition de pathologies tendineuses. Au-delà des différents traitements spécifiques, il est donc important de contrôler son hygiène de vie pour prévenir ce type de lésions.

  • Comme le spécifie Denis Riché dans la revue Sport et Vie, l’acidose reste le pire ennemi de la structure tendineuse. Il est donc important d’éviter la prise trop importante de fruits acides, à savoir : les oranges, les mandarines, les compotes ou les sirops de fruits, les boissons sucrées.  

  • Il est préférable pour se protéger de prendre des aliments alcalinisants tels que les fruits secs, à savoir des raisins secs, des dattes, des abricots ou encore des figues de façon quotidienne. L’idéal est d’y avoir recours après l’effort.

  • Aussi, il faut éviter l’ingestion de protéines animales en grosse quantité (viande rouge) et privilégier une alimentation enrichie en viandes blanches. L’idéal est de prendre des viandes blanches de type gibiers ou des aliments riches en protéines issus de la filière « bleu, blanc, cœur », qui garantissent la teneur riche en oméga 3. L’équilibre oméga 3 / oméga 6 garantit ainsi une bonne perméabilité au niveau de la membrane cellulaire et donc une optimisation des échanges membranaires.

  • Une alimentation riche en oméga 3 passe aussi par l’utilisation des bonnes huiles dans la préparation culinaire : les huiles d’olive, de colza et de noix restent les plus efficientes. Une prise quotidienne de 3 cuillerées à soupe est conseillée.

  • Il faut également surveiller son hydratation avant, pendant et après l’effort pour éviter l’accumulation de certains déchets au niveau de la structure tendineuse, notamment l’acide urique qui a tendance à dégrader le tendon. Il est même conseillé de consommer des eaux riches en bicarbonate après l’effort : Saint-Yorre, Vichy, Badoit.

  • La prise d’alcool et de liqueurs est déconseillée dans le cas d’une tendinopathie.


Les changements d'habitudes dans son entrainement susceptibles de favoriser l'apparition d'une tendinopathie

En complément de son alimentation, d’autres points sont à surveiller. Voici quelques exemples de changements d’habitudes d’entrainement qui peuvent favoriser ces lésions :

  • Un changement de raquette pour un joueur de tennis.

  • Un changement de chaussures de course à pied pour un coureur de fond.

  • Un changement de terrain (passage de terrain en herbe en terrain synthétique) pour un joueur de rugby ou de foot.

  • Pour les coureurs à pied, le fait de passer d’un terrain souple à une course sur le bord de la route est susceptible de favoriser l’apparition d’un syndrome de l’essuie glace ou d’une tendinopathie de la patte d’oie (phénomène adaptatif pour l’équilibrage du membre inférieur dans le plan frontal).

L’existence de plusieurs tendinopathies chez un même sujet est souvent le signe de foyers infectieux associés : caries dentaires, hyperperméabilité intestinale. Le foyer inflammatoire entraîne alors l’afflux de cellules pro-inflammatoires au niveau du foyer et donc l’appauvrissement de ces cellules au niveau du reste du corps. Les « réparations » anodines ont alors tendance à s’éterniser et la tendinopathie à s’installer.

La tendinopathie reste donc une pathologie difficile à traiter, mais la précision du diagnostic et la connaissance des circonstances d’apparition de la lésion tendineuse permettront de l’éradiquer au plus vite ou même de prévenir sa survenue.

SAOUT Benoît


Références

  • BRUCHARD A., Logiques des tests cliniques et contentions souples, Paris, K SPORT, 2012, 276 pages.

  • RICHE D. (2009), « Tendinites et alimentation, l’incroyable puzzle », Sport et vie, n°113, Mars 2009.


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