LA CHEVILLE DU SPORTIF TESTER ET DIAGNOSTIQUER POUR MIEUX SOIGNER

Tout ce que vous avez besoin de savoir sur l'entorse de la cheville pour mieux accompagner vos patients.

La cheville du sportif, souvent représentée par une entorse externe, revêt en réalité un nombre important et différent de pathologies sportives, relevant de difficultés diagnostiques et thérapeutiques. Son atteinte, selon Woods, représente 17% des pathologies sportives totales. Néanmoins, elles sont souvent mal étiquetées, et souvent, on se retrouve face à une cheville douloureuse, sans atteinte vraie ligamentaire du compartiment externe.  Pour exemple près de 20% des chevilles diagnostiquées par atteinte du faisceau antérieur du LLE sont des lésions de la syndesmose tibio-fibulaire.  

De même, l’appareil ligamentaire externe de la sous talienne est souvent atteint lors de l’atteinte du faisceau moyen du LLE, mais non diagnostiqué donc non traité, source alors de douleurs récurrentes.

Le Test Ligamentaire

Le test ligamentaire sert à tester la (dis) continuité  ligamentaire. La sensation peut être de trois ordres :

  • Arrêt dur : signifie le bon état ligamentaire
  • Arrêt mou : signifie la rupture ligamentaire
  • Arrêt dur retardé : signifie la distension ligamentaire ou l’accrochage du ligament sur un support avoisinant (exemple LCAE en nourrice)

Qu’engendre la rupture ou distension ligamentaire ?

Cela dépend de la fonction ligamentaire, s'il est un moyen d’union passif, il y aura une absence de congruité qui provoquera une anomalie des mouvements des amplitudes, source de troubles diffus. Si le ligament à une fonction stabilisatrice, il y aura alors laxité (liée ou non à une instabilité). Si le ligament à un rôle proprioceptif (ligament en haie ou interosseux), sa lésion entrainera une instabilité. Dans les trois cas, la lésion est la plus part du temps accompagnée de douleurs locales ou à distances, des compensations mais aussi des transformations environnementales (amyotrophie, troubles trophiques et hémodynamiques...)

Comment teste-t on ?

La règle est très simple. Il est indispensable de tester précisément, nettement et en une seule fois. Le geste, en plus d’être sec et franc, se doit d’être très fin, respectant les axes permettant la déformabilité longitudinale de l’élasticité des ligaments testés.

Fort de 10 ans d’enseignement, j’ai constaté parmi les stagiaires que les défauts les plus souvent constatés sont en général  l’absence de déduction entre la gestuelle spécifique et la signification du résultat de ce geste lors du tests clinique mais aussi, de compréhension entre un test clinique pur et un test tissulaire.


Test ligamentaire et test tissulaire ? Quelles différences ?

Un test tissulaire est un geste précis et à l’inverse lent, en écoute,  qui mesure la qualité tissulaire et plus précisément son élasticité d’une part, et le retour à sa normale d’autre part. La densité d’un tissu est une grandeur sans dimension et sa valeur s'exprime sans unité de mesure, mais par la sensibilité ressentie par le praticien lors des tests. Son augmentation modifie sa texture en lui faisant perdre de l’élasticité et inversement. Selon Pierre Tricot, la densité est l’accumulation dans une zone d’espace d’une certaine quantité d’énergie.

Un tissu dont la densité augmente accumule donc de l’énergie et la retient, ce qui introduit le fait qu’il diminue ses échanges avec les tissus environnants. De manière conjointe, un tissu dense est la plus part du temps la résultant d’un stress, générateur de spasme conjonctif, d’angiospasme et ainsi d’une diminution des échanges locaux. Le tissu, avec le temps, s’épaissira, s’étiolera de ses qualités mécaniques et proprioceptives et créera dans certains cas de vrais adhésions ou fibroses.

Il y a donc deux manières d’aborder localement les tests d’une cheville douloureuse, la (dis) continuité ligamentaire et la qualité tissulaire. Ainsi, une cheville sans atteinte ligamentaire peut apparaître « verrouillée » par diminution de l’élasticité tissulaire, augmentation de sa densité et diminution des échanges trophiques locaux.

Mise en Pratique : trois tests pour mieux diagnostiquer

Tests ligamentaires :

Test du varus forcé (Ce test est spécifique du faisceau moyen).

Le patient est en décubitus dorsal, praticien à son pied. En position du skieur, bien sur ses jambes il empaume d’une main le calcanéum par sa face externe et de l’autre main, par une contre prise empaume la mortaise. Les coudes sont parallèles.

Action : le coude de la main empaumant la face externe du calcanéum vient se coller au corps, franchement et nettement, en une seule fois, semblable à un coup de Kick de motard. Aucun des autres paramètres ne se modifient.  

Test de choc Astragalien 

Patient en décubitus dorsal. Praticien dans la même position que le test du varus. Le coudes sont parallèles et sans changer de position exercent un cisaillement/translation. Si l’astragale se « ballade » sans aucune retenue et vient percuter les faces de la mortaise ( le choc), c’est alors un signe de gravité. Patient en décubitus dorsal. Praticien dans la même position que le test du varus. Le coudes sont parallèles et sans changer de position exercent un cisaillement/translation. Si l’astragale se « ballade » sans aucune retenue et vient percuter les faces de la mortaise (le choc), c’est alors un signe de gravité.

Test tissulaire :

Test de liberté articulaire

Le sujet est en décubitus dorsal, jambe tendue sur la table. Le praticien saisit le pied, l’annulaire de la main interne sur le col astragalien et la main externe empaume le calcanéum. Le praticien place ses avant-bras dans le prolongement de la jambe. Il tracte dans le prolongement de ses avant bras pour apprécier la qualité tissulaire puis une fois, atteint le seul de déformation maximale du tissu conjonctif, il ré-impacte rapidement dans l’axe le talus dans sa mortaise.
 
Pour que le tissu soit libre, il doit se laisser déformé dans les deux sens. Si on sent que le tissu se laissé étiré puis  le choc du talus dans sa mortaise, c’est que le conjonctif est « libre ». Dans le cas contraire la cheville est dite « verrouillée ». Le talus ne pesant que 30 grammes, la traction de doit pas dépasser ses 30 grammes. Ce test, très fin nécessite beaucoup de dextérité mais une fois maîtrisé, il est très évocateur de l’état général tissulaire de la cheville.

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