LES INCONTOURNABLES DE LA MALLETTE DE TERRAIN

Quel contenu ? Quel matériel ? Quel contenant pour quelle occasion ?

Quelle mallette de terrain ?

Il est certain que la question se pose et que, en fonction de l’activité à encadrer, la mallette va varier. Principalement en volume puisque lorsqu’on suit un groupe de 30 joueurs plutôt que 12, la consommation (même si le problème ne se pose qu’en déplacement) est sujette à être plus importante. Mais elle sera différente aussi en fonction des contraintes et des spécificités. Le hard Tape servant à stabiliser les crosses au hockey aura moins d’utilité chez le volleyeur ! Enfin, les habitudes de chacun quant aux différentes marques de produits rentreront en ligne de compte.

Ensuite, on peut considérer la mallette au sens global, c’est-à-dire avec l’ensemble intégral des produits et des quantités, et celle que l’on prendra sur le terrain avec l’essentiel des produits et de quoi répondre aux besoins du match quant aux quantités à mobiliser.


Le contenant

Avant de voir ce qui composera le contenu, intéressons-nous à l’enveloppe...

Au-delà d’éventuelles partenariats commerciaux, il faudra considérer le « bagage » avec la plus grande attention.

Dans un premier temps, il faut prendre en compte la solidité de l’objet. Celle-ci va souvent être soumise à de fortes contraintes (trajets, soute avion, intempéries...). On ne pourra pas se contenter d’un matériau fragile comme un tissu pas assez résistant ou trop souple et des fermetures ne tenant pas la distance sur une saison (voire plusieurs si on est sur un sport à budget plus restreint).

Ensuite, on prendra en compte la possibilité de compartimenter au plus possible. Avoir différentes poches permet :

-        Un gain de temps. Un compartiment correspond à tel matériel…

-        Une protection contre les incidents. Ainsi, si un produit type huile ou crème se déverse (mal fermé, transport « houleux »…) il sera utile que cela ne détériore pas les bandes élastiques par exemple.

-        Une éducation des sportifs. Si, et seulement si, vous autorisez à un moment à un de vos sportifs de se servir dans la mallette, il devra lui montrer le respect qui est dû à votre précieux outil de travail. Il lui faudra donc remettre les objets pris au bon endroit. Si la compartimentation est claire, les choses en seront facilitées.

Puis, on pourra personnaliser afin de ne pas confondre deux poches identiques et symétriques afin là aussi de gagner du temps sur une intervention de trois minutes où toute seconde peut avoir un impact sur une éventuelle sanction de l’arbitre. On pourra notamment mettre un code couleur en plaçant une bande colorée en regard des poches principales les plus identiques (bon il faut retenir son code couleur après…).

Enfin, on cherchera à disposer les différents éléments en fonction de leur destination. Ainsi, une poche sera préservée afin d’y mettre les éléments devant rester le plus « aseptique » possible (compte tenu des conditions de terrain malheureusement). On prendra soin de disposer gants, compresses, produits hémostatiques dans une zone moins vulnérable (poche en profondeur) et que l’on n’ouvrira pas à longueur de temps (donc pas avec les bandes). Il conviendra toutefois d’y avoir un accès qui ne soit pas trop compliqué malgré tout étant donné que cela sera une intervention de 1ère urgence généralement que celle d’un saignement (pas seulement pour la gravité mais aussi pour le fait que le joueur ne sera autorisé à revenir sur le terrain que lorsque le saignement sera interrompu donc là encore il convient d’optimiser le temps).


Le contenu

Rentrons dans le cœur du sujet et divisons en différentes catégories :

 

1.     Les bandes et accessoires :

1.1  Les bandes élastiques : en 3cm, 6cm (en volume plus important bien souvent), en 8cm (surtout si population de grands) et en 10 cm.

1.2  Les bandes rigides : en 2.5cm et 3.75cm

1.3  Les bandes cohésives : en 2.5cm (pour limiter l’expansion liquidienne vers les doigts si montage compressif à la main ou au poignet par exemple) et en 7cm pour la compression mais aussi le maintien d’un pansement occlusif par exemple en prenant grand soin à ne pas appliquer de tension surajoutée plus que nécessaire et simplement en regard de la zone ciblée et surtout pas sur l’ensemble de la bande.

1.4  Les mousses : classique pour protéger les zones sensibles ou plus épaisse pour certains praticiens craignant des zones de conflits même avec un montage effectué correctement.

1.5  Les pads : sur ces zones sensibles justement, on peut utiliser des conformations déjà découpées et avec une mousse de plus ou moins haute densité en fonction du but recherché. On y trouvera aussi des étriers péri-malléolaires très utiles en post entorse afin d’éviter la fuite liquidienne trop marquée sur cette zone là en raison de la difficulté à l’évacuer par la suite.

1.6  Le taping : en 2.5cm ou 3.75cm, en 5cmvoire en 10cm bien souvent pour couvrir une zone plus large (le taping n’ayant rien de magique et n’ayant un impact, par l’aspect mécanique qu’il engendre, que sur la zone tégumentaire en rapport avec la structure visée). Sur des déplacements plus longs comme sur des compétitions de plusieurs semaines, on pourra privilégier des rouleaux de 32m au lieu de 5. Les couleurs seront « adaptées » aux tenues de match et compte tenu de l’exigence réglementaire qui peut être appliquée (comme pour les underwear d’ailleurs)

 

2.     Les huiles et crèmes :

C’est sur ce paramètre qu’il existe le plus de disparités d’un professionnel à l’autre. En fonction des habitudes et des « gouts » de chacun.

2.1  Massage prolongé : huile neutre, crème neutre, huile ou crème arnica, gel cryo.

2.2  Massage d’échauffement : crème chauffante ou huile camphrée.

2.3  Récupération : gel cryo, argile cryo, gel jambes lourdes, crème silicium, crème myorelaxante.

2.4  Divers : crème réparatrice, crème spéciale crevasses pour les mains et les pieds, crème anti-frottements/anti-échauffement. Baume mentholé. Crème conductrice pour TECAR thérapie.

2.5  L’indispensable vaseline : pouvant répondre à plusieurs fonctions, elle reste bien efficace même si moins spécifique que des produits spécialisés. Ainsi elle pourra répondre à des besoins hémostatiques sur coupures (mélangée à de la poudre hémostatique que l’on préparera en seringue unidose à l’avance). En protection des zones sensibles associée à un élément mousse). Sur brûlure superficielle. Mais aussi en lubrifiant de secours si plus de produit spécifique (zone de frottement notamment ou pour le massage en cas de « rupture de stock » de produits adaptés).

 

3.     Pansements et soins :

3.1  Désinfection : gel désinfectant pour mains (notamment pour joueurs en période d’épidémie, et tout au moins les sensibiliser, il serait dommage de perdre un match car plusieurs titulaires seraient malades en même temps), sérum physiologique (yeux, brûlure superficielle, nettoyage de plaie souillée…), antiseptiques en prenant soins de d’en avoir différents pour couvrir des spectres plus étendus (et notamment de la chlorhexidine –ou équivalent- utile pour nettoyer avec des compresses imbibées en cas de brûlures superficielles), alcool à 70% (asepsie petit matériel, nettoyage des mains si produits type crème chauffante sur les mains et pas de point d’eau), antiseptique buccal ou bicarbonate de soude en poudre pour nettoyer plaie buccale.

3.2  Compresses : élément essentiel à avoir en nombre,, non stériles (soins classiques, plaies non souillées, absorption de liquides, pansements occlusifs), stériles (plaies souillées ou risquant de s’infecter).

3.3  Pansements : multiples tailles, en bande à découper et surtout spécial doigt avec longue portion adhésive pour assurer stabilité.

3.4  Double peau (toutefois peu de stabilité, nécessite parfois d’être soutenue par une bande élastique avec compresse sur zone de la double peau pour ne pas enlever celle-ci à l’ablation de la bande élastique).

3.5  Stéristrip : afin de stabiliser une plaie superficielle en l’absence de médecin et dans l’attente d’une consultation, maintenir par fixation transparente type opsite.

3.6  Pansements liquides : anti-crevasses pieds mais aussi mains (essentiel l’hiver notamment dans les sports à contact « manuel »), de protection de petites plaies comme le Cavilon (rapide d’utilisation, utilité aussi pour donner à une peau  non rasée ou très transpirante plus de stabilité avant de poser un taping par exemple), anti-aphtes.

3.7  Fixation des pansements : bande élastique à double barrière bactérienne et virale limitant les risques d’infection type Hypafix ou Omnifix, pansement transparent pour surveillance plaie type Opsite.

3.8  Soins occlusifs : bobine de film plastique (combiné ou non à compresses), ou alors commercialisés tels que (type Fector Tissugel) pratiques mais plus onéreux, emplâtres à l’argile. Attention à être vigilant sur les réactions cutanées notamment avec les AINS.

3.9  Saignements : poudre hémostatique mélangée à de la vaseline (pré-préparer quelques seringues), produits hémostatiques commercialisés tels que (type Coalgan, Bloxan et son intérêt résorbable bien pratique notamment si activité post intervention dentaire entrainant éventuellement de légers saignements).

3.10 Soins divers (mais non négligeable) :

·       Produit asséchant (sur plaies qui ne cessent de suinter sur zones de frottement comme sous des genouillères par exemple) tels que l’éosine mais avec l’éternel problème de se coller du rouge partout ; du coup le cicalfate (lotion) est une alternative très intéressante.

·       Crème en traitement d appoint des affections cutanées susceptibles de s’infecter (creux axillaire, entre-jambe) type Cetvalon.

·       Soins des cicatrices type Cica-care.

·       Et l’inaltérable talc multifonctions (conditionnement parfois hasardeux pour le transport)

 

4. Le matériel complémentaire

Du petit matériel trouvant sa place dans la mallette au plus volumineux qui restera au vestiaire voire à l’hôtel…

4.1  Les gants : en latex ou non mais toujours en nombre, bien séparés des autres produits afin de les rendre accessibles et de les garder propres, et à la bonne dimension pour ne pas les percer en les enfilant dans l’urgence et pour ne pas perdre en dextérité.

4.2  Le tout petit matériel :

·       Ciseaux (pour strapping, pour taping en téflon en n’utilisant pas l’un pour l’autre)

·       Shark qui est  l’outil INDISPENSABLE afin d’ôter le plus rapidement possible une contention.

·       Pince à épiler (échardes…)

·       Coupe-ongle et ciseaux à ongles (ongle douloureux et toute petite découpe à plat comme un pli provoqué sciemment au taping sur un calcanéum par exemple)

·       Lime à ongle

·       Aiguille à coudre…

4.3  Le petit matériel de « protection »

·       Cryopack instantanné

·       Bombes de froid

·       Vessies et bandes de maintien

·       Thermoformables (éventuellement déjà associés à bande de maintien comme le pouce chez Zamst)

·       Contentions néoprènes (post lésions myo-aponévrotiques)

·       Masque de protection visage/nez

·       Collier cervical

·       Ecarteur de bouche

4.4  Le petit matériel de soins

·       Crochets

·       Scrapping

·       Aspi-venin (pour travail « artisanal » cicatriciel)

4.5  Le gros matériel

·       Le Game Ready (devenu indispensable que ce soit pour gérer de la traumato immédiate que dans son utilisation d’outil de cryothérapie compressive ou non).

·       Petite glacière

·       Piscine gonflable pours bains froids

·       Appareil électro-stimulation

·       Appareil de TECAR aisément transportable type Winback

·       Table pliante

4.6  Autres

·       Tondeuse (INDISPENSABLE pour gérer strapping mais surtout taping si impossible de convaincre les joueurs de se raser à l’année).

·       Sytlo et marqueur

·       Entonnoir (pour remplir bouteilles de préparation isotonique) même si cela peut être fait à partir d’une boite de bande.

4.7  Mais aussi certains produits de protection intime car même si le but du kinésithérapeute n’est pas de materner ses sportifs/sportives et de les placer en situation d’assistanat, il sera toujours utile en urgence au fin fond de la Lettonie un dimanche soir de match d’avoir de quoi répondre à une situation potentiellement pénible pour évoluer confortablement.

 

5.     Hydratation/Alimentation

Point pas directement en lien avec la mallette de soins mais complètement avec l’activité terrain.

5.1  Les boissons isotoniques (quelle que soit la marque, elles sont souvent trop concentrées donc ne pas hésiter à diluer surtout sur des sport à moindre impact métabolique) commercialisée ou en fabrication artisanale (pour 1L, 30cl de jus de raisin sans sucres ajoutés, 70cl d’eau, une pincée de sel).

5.2  Les barres carbo-hydrates : utiliser des produits spécialisés et adpatés et proscrire les barres chocolatées classiques. Penser à en donner lors de pauses mais toujours en toute petite quantité pour éviter les répercussions digestives et simplement de répondre à la sensation de faim éventuelle sur un match tardif en soirée même s’il y a eu collation d’avant-match.

5.3  Les « boosts » carbo-hydrates, souvent sous forme de gel, à ne pas utiliser trop tôt dans l’activité au risque de créer une éventuelle hypoglycémie réactive.

5.4  Et éventuellement de laisser deux trois boissons qui « donnent des ailes » sur le banc au changement de côté afin de laisser l’adversaire tomber en hypoglycémie réactive assurée ce coup-ci. Bon, c’est une boutade (quoi que…) !

 

6. L’épineux problème de la pharmacie

Le décret d’acte étant clair, nous ne pouvons évoquer ici un quelconque fonctionnement. Toutefois, s’il n’y a pas de médecin se déplaçant avec soi, il faudra trouver des solutions avec lui comme la possibilité de recevoir aisément une ordonnance (application genius scan par exemple).


Conclusion

En conclusion, s’il est autant de mallettes qu’il est de professionnels, les grandes lignes sont toujours partagées. Ainsi, dans l’ensemble des produits ou type de produits listés dans cet article, la grande majorité a été retrouvée chez les différents professionnels de terrain interrogés.

Libre à chacun ensuite de trouver son fonctionnement et le matériel qui lui convient. Mais en tout cas, une chose est certaine, cette mallette est votre premier partenaire de travail et elle est à votre image. Elle doit être donc traitée avec le plus grand soin par vous et surtout par vos sportifs. Elle doit être aussi listée et check-listée régulièrement afin de ne pas omettre de recharger un produit qui aurait été utilisé complètement. Partir sur le terrain avec une mallette dans laquelle on a confiance est déjà un pas vers la victoire.

Erwan TANGUY, formateur Kinésport, ciné du paris volley