Les techniques de contention

Arnaud Bruchard, Masseur-Kinésithérapeute DE partage
sa connaissance en kinésithérapie du sport.

1) Quelles sont les pathologies du sportif les plus fréquentes ?

Tout dépend du sport en question. Chacune des activités présente des technopathies ou des gestes traumatisant spécifiques.
Par exemple la lésion musculaire représente globalement 60% des lésions du footballeur et du rugbyman tandis que les tendinopathies sont majoritaires dans les sports d'endurance.
Les lésions articulaires surviennent quand à elles en second ordre mais amènent des durées d'indisponibilité généralement plus longues (notamment lorsque le genou est atteint).

2) En quoi consiste un test clinique ?

Arnaud Bruchard, Masseur-Kinésithérapeute DE collaborant avec différents clubs de football professionnel, sportifs de haut niveau et fédérations sportives, partage sa connaissance des problématiques qu'il traite depuis une dizaine d'années dans ses formations de training en kinésithérapie du sport.

Un test clinique permet d'identifier la lésion et son degré de gravité. C'est l'élément essentiel de la prise en charge car de lui, dépend toutes les attitudes thérapeutiques à entreprendre.

Pour exemple, lors d'une entorse de cheville, un test mal conduit nous fera passer à côté d'une lésion de la syndesmose tibio-fibulaire, d'une atteinte de la sous talienne ou encore d'un syndrôme postérieur, nécessitant pour chacune d'entre elles des traitements aussi spécifiques que différents.

Il faut donc avant tout de la rigueur : être précis et franc. Chaque détail compte, la direction des gestes, la sensation d'arrêt, la position des segments.

3) Pouvez-vous nous décrire l'action d'une bande elasto sur la zone lésée lors d'une contention ?

Pour moi, la contention a 4 utilités:

  • L'immobilisation
  • La compression
  • La suppléance
  • La limitation des amplitudes douloureuses et/ou fragiles

Le bilan lésionnel nous permet de définir les priorités de cicatrisation, nous conduisant ainsi aux montages adaptés des bandes elasto.
Par exemple l'immobilisation est souvent utilisée sur les lésions fraiches et la compression lors des épanchements. La suppléance agrée la diminution de la tension tendineuse lors d'atteintes de type tendinoses, ou musculaire lors d'une lésion myo-aponévrotique.
Enfin, limiter l'amplitude douloureuse permet de continuer le travail de reprise après blessure sans mettre pour autant en danger l'articulation et le tendon, ou de prévenir d'une éventuelle récidive.

4) Quels sont les gestes à faire / ne pas faire lors d'une contention ?

Les défauts généralement retrouvés sont :

  • de placer trop de tension
  • de procéder à des montages trop épais
  • de réaliser des montages avec des grands bras de levier sous prétexte qu'ils seront plus solides
  • d'exécuter un copier collé d'un montage vu sur un livre ou lors d'une démonstration, inadapté à la pathologie à traiter.

Souvent les montages présentés sont longs, fastidieux avec beaucoup de découpe soit en complet décalage avec les contraintes du quotidien, en terme de temps, d'urgence et de savoir faire.

La contention découle d'un fil conducteur reliant test clinique et déduction thérapeutique et répond aux impératifs temps, confort et solidité. Le nombre de tension, la longueur des bandes, la multiplication des ancrages ne sont pas synonymes d'efficacité. Par contre, le placement juste des tensions, l'application de bandes adaptée à la lésion, aboutit à une contention répondant finement aux objectifs fixés initialement.

5) Les kinés pratiquent ils suffisamment l'art des contentions ?

Il est évident que non.
Après avoir questionné un nombre considérable de praticiens puis analysé leur comportement, force de constater que la technique n'est pas suffisamment pratiquée. Pourquoi ?

Il existe un décalage entre l'appréciation des possibilités thérapeutiques qu'elle procure, le savoir faire et leur réalisation.

C'est pourquoi nous souhaitons repositionner, par le biais d'échange et de formation, la contention à sa juste place :intégrée au fil conducteur de la stratégie thérapeutique, née de la bonne pratique des tests cliniques.

6) Quelles sont les principales qualités requises pour qu'un masseur-kinésithérapeute DE puisse travailler dans le sport ?

J'insiste à nouveau sur la maîtrise essentielle des tests cliniques. Ensuite les capacités d'écoute, d'innovation et d'adaptation sont tout aussi indispensables. Enfin les deux derniers points, et non des moindres, sont la disponibilité et la maîtrise à minima de la relation humaine.
S'impliquer n'est pas synonyme d'empathie. La passion débordante ne doit pas vous faire devenir supporter et la proximité ne doit pas se confondre avec l'amitié. Le recul est le meilleur garant de votre professionnalisme.

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